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Spasmes vaginaux : pourquoi mon corps se ferme alors que j’en ai envie ?

Vous avez envie de cette intimité et pourtant votre corps se ferme au moment de la pénétration. Ces spasmes vaginaux ne sont ni un caprice ni un manque de volonté. Voici ce qui se passe et comment aider votre corps à se sentir en sécurité.

Femme assise au bord d’un lit, les mains légèrement crispées sur le drap

Des spasmes vaginaux, c’est-à-dire ?

On parle de spasmes vaginaux, ou de contractions involontaires du vagin, quand les muscles qui entourent l’entrée du vagin, ceux du périnée, se contractent tout seuls au moment d’une pénétration. Ou parfois juste avant, à la simple idée qu’elle pourrait avoir lieu. Le passage se ferme. Certaines femmes le décrivent comme un mur, un blocage, une porte qui se verrouille.

Quand ce réflexe s’installe dans la durée et qu’il vous fait souffrir, on parle de vaginisme. Si vous cherchez à comprendre ce qu’est le vaginisme, ses différentes formes et d’où il peut venir, je vous en parle en détail dans l’article Vaginisme : comprendre ce qui se passe.

Ici, je vous propose de regarder de plus près le réflexe lui-même : ce qui se passe dans votre corps au moment où il se ferme, ce qui l’entretient, et comment l’aider peu à peu à se relâcher.

Ce qui déroute le plus, c’est que cela arrive souvent malgré l’envie. Vous désirez votre partenaire, vous avez envie de cette intimité, et votre corps dit non. Comment est-ce possible ?

Un corps qui veut vous protéger

Pensez à une personne qui a peur de l’avion. Elle a choisi ses vacances, elle se réjouit du voyage et elle a vraiment envie de partir. Pourtant au moment d’embarquer son cœur s’emballe, son souffle s’accélère, elle a des sueurs ou des nausées. Ce n’est pas qu’elle ne veut pas partir. C’est son corps qui perçoit un danger et qui réagit pour la protéger.

Les spasmes vaginaux fonctionnent de la même façon. À un moment ou à un autre, votre corps a enregistré que la pénétration pouvait être inconfortable, douloureuse ou inquiétante. Il en a gardé une forme de mémoire corporelle. Alors dès qu’une pénétration s’annonce, il se protège en se fermant, sans vous demander votre avis.

D’une certaine façon c’est même plutôt rassurant. Votre corps a de bons réflexes et il cherche à prendre soin de vous. Il a simplement besoin d’apprendre que, cette fois, il n’y a pas de danger.

D’où vient ce réflexe ?

Il n’y a presque jamais une seule explication. Le plus souvent plusieurs petites choses se sont additionnées.

  • Un premier tampon qui n’a pas voulu passer à l’adolescence
  • Une première fois douloureuse ou un examen gynécologique difficile
  • Des douleurs répétées pendant les rapports
  • Tout ce que l’on a entendu sur la douleur de « la première fois »
  • Un corps que l’on connaît mal, que l’on n’a jamais vraiment regardé ni exploré
  • Une éducation où la sexualité était taboue ou au contraire très idéalisée
  • La pression de « réussir », pour soi ou pour l’autre

Contrairement à une idée très répandue, ces spasmes ne sont pas forcément liés à un traumatisme. Beaucoup de femmes qui les vivent n’ont rien traversé de tel. Quand un vécu douloureux existe, il mérite bien sûr une attention particulière. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir vécu un « grand événement » pour que le corps apprenne à se fermer.

Le cercle qui entretient les spasmes

Une fois installé, le réflexe a tendance à s’auto-entretenir. On repense à la dernière fois. On se dit « ça ne va pas marcher ». Le corps se crispe avant même d’avoir commencé. La pénétration est impossible ou douloureuse, ce qui confirme la peur pour la fois suivante.

C’est pour cela que la phrase « il faut juste vous détendre » ne fonctionne pas. Les spasmes ne viennent pas d’un manque de volonté. On ne peut pas décider de les arrêter, pas plus que la personne qui a peur de l’avion ne peut décider de ne plus avoir peur. Vous n’y êtes pour rien.

Comment aider le corps à se sentir en sécurité ?

Pour apprivoiser la peur de l’avion, on ne pousse pas la personne dans un long-courrier. On avance par étapes : regarder des photos, puis des vidéos, visiter un aéroport, faire un vol très court. Chaque étape réussie rassure le corps.

Avec les spasmes vaginaux le principe est le même. Plutôt que de forcer le passage, on agrandit petit à petit ce qui est confortable pour vous, à votre rythme.

Ne pas forcer. Chaque pénétration douloureuse renforce la mémoire du danger. Faire une pause dans la pénétration le temps de l’accompagnement n’est pas un échec.

Rester immobile et respirer. Si votre corps se contracte, retirer brusquement peut faire mal. Mieux vaut s’arrêter, rester immobile et respirer lentement par le ventre. Comme tous les muscles, ceux du périnée finissent par se fatiguer et se relâcher. Un peu comme des bras levés trop longtemps qui finissent par redescendre tout seuls.

Mieux connaître son corps. Comprendre comment il est fait et ce qui s’y passe rend souvent la peur moins grande.

Remettre le plaisir au centre. Un corps détendu et dans le plaisir ne réagit pas de la même façon qu’un corps inquiet.

Un accompagnement pluridisciplinaire

Avant tout, il est important de consulter un ou une gynécologue, un médecin ou une sage-femme pour écarter toute cause médicale ou physiologique. Ensuite, c’est un accompagnement pluridisciplinaire, où plusieurs professionnels travaillent ensemble, qui permet le mieux d’avancer.

  • Un ou une kinésithérapeute spécialisé·e en rééducation du périnée, essentiel pour apprendre au corps à relâcher ces muscles, parfois à l’aide de facilitateurs vaginaux
  • Une sexothérapie pour travailler sur les peurs, les croyances, le rapport au corps et la relation

Selon vos besoins, d’autres approches complémentaires peuvent aussi trouver leur place dans ce chemin.

En sexothérapie je vous accompagne pour comprendre ce qui a installé ce réflexe chez vous et pour construire ensemble un chemin qui vous ressemble. C’est vous qui choisissez les étapes et vous gardez le contrôle. Vous pouvez venir seule ou en couple, au cabinet à Paris 6e ou en visio.

Vos questions sur les spasmes vaginaux

Les spasmes vaginaux, est-ce la même chose que le vaginisme ?

Les spasmes sont le réflexe lui-même. On parle de vaginisme quand ce réflexe dure dans le temps, depuis plusieurs mois, et qu’il crée une souffrance. Pour en savoir plus, vous pouvez lire mon article Vaginisme : comprendre ce qui se passe.

Je ne me sens pas tendue et pourtant ça bloque. Est-ce possible ?

Oui, c’est fréquent. Certaines femmes ne sentent pas du tout la contraction et ont l’impression d’être détendues. Apprendre à percevoir ce qui se passe dans son corps fait justement partie du chemin.

Est-ce que ça peut disparaître ?

Oui. Avec un accompagnement adapté et de la patience, le corps peut réapprendre à se sentir en sécurité. Le chemin n’est pas toujours en ligne droite, mais beaucoup de femmes voient les choses évoluer, souvent plus qu’elles ne l’imaginaient.

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