Comprendre · Vaginisme

Vaginisme : comprendre ce qui se passe, et retrouver le chemin de l’intimité

La pénétration est impossible, ou si douloureuse que votre corps semble dire non à votre place ? Vous n’êtes pas seule et vous n’avez rien d’anormal. Le vaginisme est une difficulté fréquente dont on parle encore trop peu et dont on peut sortir. Voici ce que c’est, d’où il peut venir et comment on l’accompagne.

Deux mains dans un pull en laine tenant une tasse de thé, près d'une fenêtre, avec un plaid vert et une branche fleurie

Qu’est-ce que le vaginisme ?

Imaginez que votre corps se ferme au moment où une pénétration est envisagée. Les muscles du périnée qui entourent l’entrée du vagin se contractent tout seuls et le passage devient difficile, douloureux ou impossible. C’est cela le vaginisme.

Ce réflexe peut se déclencher au moment d’une tentative de pénétration mais aussi avant, par simple anticipation. Il suffit parfois d’imaginer un rapport avec pénétration pour que le corps se ferme. Et ce réflexe ne concerne pas seulement les rapports. Il peut aussi se manifester avec un doigt, un sextoy, un tampon ou le spéculum lors d’un examen gynécologique.

Ce n’est ni un choix ni un manque de volonté. On parle de vaginisme quand la difficulté dure depuis plusieurs mois et qu’elle vous fait souffrir. Car une vie intime épanouie reste possible sans pénétration. Si vous consultez c’est que cette situation vous pèse, à vous ou à votre couple.

Vous êtes loin d’être seule. Selon les études entre 5 et 17 % des femmes seraient concernées. Un chiffre important pour une difficulté dont on parle encore si peu.

Pourquoi mon corps se ferme alors que j’en ai envie ?

C’est souvent la question qui fait le plus mal. Vous désirez votre partenaire et vous avez envie de cette intimité. Pourtant votre corps dit non.

Pensez à une personne qui a peur de l’avion. Elle a envie de partir en vacances et se réjouit du voyage. Pourtant au moment d’embarquer son souffle s’accélère, son cœur bat fort et l’angoisse monte. Son corps ne lui obéit pas. Il cherche à la protéger d’une menace qu’il perçoit.

Le vaginisme fonctionne de la même façon. À un moment ou à un autre votre corps a enregistré que la pénétration pouvait être inconfortable, douloureuse ou inquiétante. Alors il se protège malgré votre envie. C’est une forme de mémoire corporelle. D’une certaine façon c’est même le signe que votre corps prend soin de vous. Il a simplement besoin d’apprendre en douceur qu’il peut se sentir en sécurité.

Comment reconnaître un vaginisme ?

Quelques signes peuvent vous mettre sur la piste.

  • La pénétration est impossible, comme si ça bloquait ou qu’il y avait un mur
  • Elle provoque une douleur vive ou une sensation de brûlure
  • Vous ressentez une forte appréhension voire de la panique à l’idée d’un rapport
  • Mettre un tampon est très difficile ou impossible, parfois depuis l’adolescence
  • L’examen gynécologique est une épreuve
  • Vous en venez à éviter les moments de tendresse de peur qu’ils mènent à une pénétration

Ces signes ne suffisent pas à poser un diagnostic. Bien souvent le premier réflexe est de se demander si l’on n’a pas une malformation. C’est pourquoi un rendez-vous avec votre gynécologue, votre médecin ou une sage-femme est une étape importante. Il permet d’écarter toute cause médicale ou physiologique.

Les différentes formes de vaginisme

Le vaginisme ne se ressemble pas d’une femme à l’autre. Vous vous reconnaîtrez peut-être dans l’une de ces situations.

Ça a toujours été comme ça. La pénétration n’a jamais été possible, dès les premières fois. On parle alors de vaginisme primaire. C’est la situation la plus fréquente.

Avant ça allait. Les rapports avec pénétration se passaient bien puis le corps s’est mis à se fermer. C’est souvent après des douleurs répétées pendant les rapports. Cela peut aussi arriver après une opération, un événement difficile ou une période de fortes tensions dans le couple. On parle de vaginisme secondaire.

Ça bloque à chaque fois. Tampon, examen gynécologique, doigt ou rapport, toute pénétration est difficile. C’est le vaginisme généralisé.

Ça dépend des situations. Vous arrivez par exemple à mettre un tampon ou à passer un examen gynécologique, mais la pénétration devient impossible dès qu’il s’agit d’un moment intime avec votre partenaire. Ou bien la pénétration est possible avec votre propre doigt, quand vous gardez le contrôle, et pas avec votre partenaire. C’est le vaginisme situationnel.

Comprendre votre situation précise permet de construire un accompagnement vraiment adapté à vous.

D’où vient le vaginisme ?

Il n’y a presque jamais une seule cause. Le plus souvent plusieurs éléments se combinent et se renforcent.

  • La peur de la douleur, parfois nourrie par tout ce que l’on a entendu sur la première fois
  • Une première expérience difficile, par exemple un tampon qui n’a pas voulu passer à l’adolescence
  • Des douleurs répétées pendant les rapports qui finissent par installer l’appréhension
  • Un manque d’informations sur son propre corps et la façon dont il est fait
  • Une éducation où la sexualité était taboue ou au contraire très idéalisée
  • L’anxiété, la pression et la culpabilité, notamment le sentiment de priver l’autre
  • Des tensions dans le couple, surtout quand le vaginisme apparaît après une période où tout allait bien

Un point important. Le vaginisme n’est pas forcément lié à un traumatisme sexuel. C’est une idée très répandue et elle peut faire beaucoup de mal à celles qui n’ont rien vécu de tel et ne comprennent pas ce qui leur arrive. Quand un vécu douloureux existe il mérite bien sûr toute notre attention. Mais le plus souvent le vaginisme naît d’un ensemble de petites choses sans qu’il y ait eu de grand événement.

Comprendre ce qui a pu installer ce réflexe chez vous fait partie du chemin. Il ne s’agit pas de chercher une faute mais de redonner du sens à ce que vit votre corps.

Ces idées reçues qui font souffrir

Autour du vaginisme circulent beaucoup de phrases qui blessent. Prenons le temps de les regarder en face.

« Il faut juste vous détendre »

C’est peut-être la phrase la plus entendue, y compris chez des professionnels. Elle laisse croire que le vaginisme viendrait d’un manque de détente et qu’il suffirait de vouloir se relâcher pour que tout s’arrange. Ce n’est pas le cas. Le vaginisme est un réflexe qui échappe à la volonté. La respiration et la détente peuvent accompagner le chemin mais elles n’en sont pas la cause et ne suffisent pas à le faire disparaître. Vous n’y êtes pour rien si vous n’arrivez pas à vous détendre.

« Il suffit de forcer une fois et ce sera réglé »

Forcer ne règle rien, même à l’aide d’un gel anesthésiant, d’un verre d’alcool ou d’un médicament pour se détendre. Au contraire chaque pénétration douloureuse renforce le réflexe de protection.

« Les femmes qui ont un vaginisme sont frigides »

C’est faux. Beaucoup de femmes concernées ont du désir, aiment les caresses et les baisers et peuvent ressentir du plaisir. Le vaginisme ne dit rien de votre désir.

« Sans pénétration il n’y a pas de vraie sexualité »

Imaginez votre sexualité comme un jardin. La pénétration est l’une des fleurs qui y poussent. Les baisers, les caresses, la tendresse et le plaisir partagé en sont d’autres tout aussi belles. Votre envie de vivre la pénétration est tout à fait légitime et nous allons y travailler. En attendant tout le reste du jardin vous appartient.

« C’est dans ma tête, je suis un cas psy »

Le vaginisme se joue entre le corps et l’esprit. C’est un réflexe bien réel entretenu par des émotions et des croyances. Ce n’est pas dans votre tête au sens où vous pourriez le décider et cela ne veut certainement pas dire que vous êtes folle.

Vaginisme : quel accompagnement ?

Le vaginisme s’accompagne et c’est une prise en charge pluridisciplinaire qui permet le mieux d’avancer, c’est-à-dire un accompagnement où plusieurs professionnels travaillent ensemble. Le traitement du vaginisme repose en général sur trois appuis complémentaires.

  • Un suivi médical avec un ou une gynécologue, un médecin ou une sage-femme pour écarter toute cause médicale ou physiologique
  • Un ou une kinésithérapeute spécialisé·e en rééducation du périnée, essentiel pour apprendre au corps à relâcher ces muscles
  • Une sexothérapie, précieuse pour travailler sur les peurs, les croyances, le rapport au corps et la relation

Ces trois accompagnements se complètent et se renforcent.

Ce que je vous propose en sexothérapie

En tant que sexologue je ne pose pas de diagnostic médical et je ne réalise aucun examen. Mon rôle est de vous accompagner à votre rythme pour que votre corps retrouve peu à peu la sécurité dont il a besoin. Il n’existe pas de protocole unique. Le chemin se construit avec vous en fonction de ce que vous vivez et de ce qui vous semble possible.

Comprendre. Nous commençons par mettre des mots sur ce qui se passe, sur la façon dont votre corps fonctionne et sur les raisons pour lesquelles ce réflexe s’est installé. Comprendre c’est déjà avoir moins peur.

Écouter vos croyances. Nous regardons ensemble ce que vous portez avec vous : les messages reçus sur la sexualité, les peurs et les images qui accompagnent la pénétration. Certaines femmes l’imaginent comme une porte blindée, d’autres comme un passage trop étroit. Ces représentations ont du sens et elles peuvent évoluer.

Élargir votre zone de confort pas à pas. Plutôt que de forcer le passage nous agrandissons progressivement ce qui est confortable pour vous. Un peu comme on apprivoise la peur de l’avion avec des photos, puis une visite de l’aéroport, puis un vol court. Les étapes c’est vous qui les choisissez avec moi. Vous restez actrice de votre chemin et vous gardez le contrôle.

Apprivoiser votre corps. Respiration, détente et découverte de vos sensations. Selon votre rythme je peux vous proposer de petites invitations à vivre chez vous, très progressives. Vous entendrez peut-être aussi parler de facilitateurs vaginaux, de petits supports doux et souples. Je peux vous les présenter et répondre à vos questions. Leur utilisation s’apprend avec votre kinésithérapeute qui vous guidera pas à pas.

Remettre le plaisir au centre. Le corps ne réagit pas de la même façon quand il est dans le plaisir. Retrouver l’érotisme, les sensations agréables et la tendresse fait pleinement partie de l’accompagnement.

Le chemin n’est pas toujours linéaire. Il y a des avancées et parfois des pauses ou de petits retours en arrière. C’est normal. L’important est que chaque expérience se termine sur une note positive pour que la confiance grandisse.

Le plus important : ne jamais forcer. Chaque pénétration douloureuse renforce le réflexe de protection. Quand une coureuse se blesse au genou, personne ne lui conseille de serrer les dents et de continuer à courir. On lui offre du repos et des soins, puis elle retrouve la course pas à pas. Votre corps mérite la même douceur. Mettre la pénétration entre parenthèses le temps de l’accompagnement n’est pas un échec. C’est souvent ce qui permet d’avancer.

Et le couple dans tout ça ?

Le vaginisme se vit rarement seule. Beaucoup de femmes portent une culpabilité immense : celle de priver leur partenaire, de ne pas être à la hauteur ou la peur d’être quittée. Pourtant quand on lui pose la question le partenaire se dit souvent heureux de la complicité et de la tendresse qui existent déjà.

De son côté le ou la partenaire peut se sentir démuni, avoir peur de faire mal ou se sentir rejeté. Les silences s’installent. Venir à deux permet d’en parler sans reproche, de se rassurer et d’avancer ensemble. Le partenaire a toute sa place dans ce chemin. Il peut apprendre à accompagner sans pression et à faire de chaque moment de tendresse un espace où chacun se sent en sécurité.

Il est aussi important que vous veniez pour vous et pas seulement par peur de perdre l’autre. Un chemin qui a du sens pour vous sera toujours plus nourrissant qu’un chemin fait sous la pression.

Découvrir la thérapie de couple

Quand consulter une sexologue pour un vaginisme ?

Dès que la situation vous pèse, à vous ou à votre couple. Il n’y a pas de trop tôt ni de trop tard. Certaines femmes consultent quelques mois après leurs premières tentatives et d’autres après des années.

Avant de prendre rendez-vous avec une sexologue il est préférable de consulter un ou une gynécologue, un médecin ou une sage-femme. Je ne suis pas médecin et il est important d’écarter d’abord toute cause médicale ou physiologique. Si ce n’est pas encore fait n’hésitez pas à m’en parler. Je vous aiderai à trouver vers qui vous tourner.

Vos questions sur le vaginisme

Peut-on sortir du vaginisme ?

Oui. Le vaginisme s’accompagne et beaucoup de femmes voient les choses évoluer, souvent plus qu’elles ne l’imaginaient. Le rythme est propre à chacune et c’est vous qui le donnez.

Je n’ai jamais pu mettre un tampon. Est-ce lié ?

C’est possible. La difficulté à mettre un tampon, souvent depuis l’adolescence, est fréquente chez les femmes qui vivent un vaginisme. C’est une bonne raison d’en parler à un professionnel.

Faut-il avoir vécu un traumatisme pour avoir un vaginisme ?

Non. C’est une idée reçue très répandue. Le vaginisme a presque toujours plusieurs causes et beaucoup de femmes qui en souffrent n’ont vécu aucun traumatisme.

Faut-il que mon partenaire vienne ?

Ce n’est pas obligatoire et vous pouvez tout à fait commencer seule. Mais quand c’est possible la présence du partenaire est vraiment précieuse. Avancer à deux favorise le chemin, apaise la pression et aide chacun à trouver sa place.

Peut-on consulter en visio ?

Oui. L’accompagnement d’un vaginisme repose beaucoup sur la parole et se fait très bien en visio depuis chez vous. Comment se passe une consultation en ligne

Vous vous reconnaissez dans ces lignes ?

Au cabinetParis 6e, rue JacobEn visiodepuis chez vous