Dilatateurs vaginaux : des facilitateurs pour avancer en douceur
Votre gynécologue ou votre kiné vous a parlé de dilatateurs vaginaux et le mot vous inquiète ? Voici à quoi ils servent vraiment, avec qui les utiliser et comment ils peuvent vous aider à avancer à votre rythme et sans jamais forcer.
Dilatateur vaginal ou facilitateur : de quoi parle-t-on ?
Un dilatateur vaginal a la forme d’un petit bâtonnet lisse, légèrement conique et arrondi au bout, souvent en silicone doux. On l’introduit très progressivement dans le vagin. Il existe en général en plusieurs tailles, de la plus petite à la plus grande, pour avancer pas à pas.
Le mot « dilatateur » fait souvent peur. Il donne l’impression qu’il faudrait élargir ou forcer, alors que ce n’est pas du tout le cas. Le vagin n’est pas trop étroit. C’est le réflexe de protection du corps qui le ferme. Voilà pourquoi je préfère parler de facilitateurs vaginaux. Leur rôle n’est pas de forcer un passage, mais d’aider les muscles à se relâcher et le corps à apprendre en douceur qu’une pénétration peut se vivre sans danger.
À quoi servent les facilitateurs vaginaux ?
Ils sont utilisés dans l’accompagnement des douleurs pendant les rapports (dyspareunie) et des douleurs vulvaires : vaginisme, vestibulodynie, vulvodynie… Quand le corps a pris l’habitude de se fermer à l’idée d’une pénétration, il a besoin de vivre de nouvelles expériences rassurantes pour changer de réflexe.
Les facilitateurs permettent justement cela.
- Avancer par petites étapes en commençant par une taille très fine, parfois plus petite qu’un doigt
- Garder le contrôle puisque c’est vous qui décidez du rythme et du moment
- Mieux sentir votre corps et repérer quand il se contracte ou se relâche
- Prendre confiance à chaque petite réussite, sans la pression d’un rapport
Utilisés régulièrement, d’abord avec votre kiné puis chez vous, les facilitateurs aident les muscles du périnée à relâcher leurs contractions et assouplissent peu à peu la zone. Séance après séance, la dilatation devient plus facile et les douleurs s’atténuent. Ces moments sont aussi une façon de vous reconnecter, en douceur, à votre anatomie et à vos propres sensations.
Pour certaines femmes, un objet neutre est plus rassurant que leur propre doigt ou que le sexe de leur partenaire. Pour d’autres, c’est l’inverse. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire.
Avec qui les utiliser ?
C’est un point important. L’utilisation des facilitateurs s’apprend avec un ou une kinésithérapeute spécialisé·e en rééducation du périnée. C’est son domaine. Il ou elle vous montrera comment les utiliser, à quel rythme avancer et comment accompagner la détente de vos muscles. Vous pourrez ensuite poursuivre chez vous, en suivant ses conseils.
En sexothérapie je peux vous présenter les différents modèles, en parler avec vous et répondre à vos questions. Rien qu’en les regardant, certaines femmes se sentent à l’aise et d’autres beaucoup moins. Ce ressenti compte et nous en parlons ensemble. Mais je ne les utilise pas avec vous en séance. Mon travail se situe ailleurs, du côté des peurs, des croyances, du rapport au corps et de la relation.
Le vaginisme se travaille le mieux grâce à un accompagnement pluridisciplinaire. Le suivi médical, la kinésithérapie et la sexothérapie se complètent et se renforcent.
Comment choisir un facilitateur ?
Il en existe plusieurs sortes, plus ou moins souples, plus ou moins fins. Votre kiné saura vous conseiller selon votre situation. Quelques repères peuvent toutefois vous aider à y voir plus clair.
- La souplesse. Un modèle doux et souple paraît souvent moins intimidant qu’un modèle rigide
- La première taille. Mieux vaut commencer par un modèle dont la plus petite taille est vraiment fine, pour que la première étape soit facile
- Votre ressenti. Prenez le temps de les regarder et de les toucher. Si l’un d’eux vous crispe déjà, ce n’est sans doute pas le bon pour le moment
Certaines femmes se demandent si elles peuvent utiliser un sextoy chez elles. Il en existe de très petits, et c’est une question à aborder avec votre kiné. En séance, votre kiné utilisera des dilatateurs : ils sont conçus pour cela, avec des tailles précises et progressives, ce qui lui permet de fixer des repères clairs et de suivre votre évolution. L’important est d’avancer par étapes, pour que chaque expérience reste rassurante.
Les grands principes pour que cela reste doux
Votre kiné vous accompagnera dans le détail. Voici simplement l’esprit dans lequel tout cela se fait.
Toujours avec du lubrifiant. Et en quantité généreuse. Il rend chaque étape plus confortable.
Ne pas forcer. Une étape douloureuse renforce le réflexe de protection. Mieux vaut rester à une étape plus facile le temps qu’il faut.
S’arrêter, respirer, attendre. Si votre corps se contracte, il est souvent préférable de ne pas retirer brusquement le facilitateur. Restez immobile et respirez lentement par le ventre. Comme tous les muscles, ceux du périnée finissent par se fatiguer et se relâcher. Vous déciderez ensuite d’avancer un peu ou de vous arrêter là pour aujourd’hui.
Choisir un moment et un lieu où vous vous sentez bien. Un endroit calme, chaud, où vous ne serez pas dérangée. Certaines femmes préfèrent un petit rituel régulier, d’autres des moments choisis de temps en temps.
Finir sur une note positive. Même si vous n’êtes pas allée aussi loin que prévu, retenez ce qui s’est bien passé. C’est ainsi que la confiance grandit.
Et le plaisir dans tout ça ?
Le corps ne réagit pas de la même façon quand il est détendu et qu’il éprouve du plaisir. Quand c’est possible et que vous en avez envie, associer ces moments à des sensations agréables ou à des pensées qui vous font du bien peut vraiment aider. Chez vous, vous êtes libre de vivre ces moments à votre façon.
Si vous êtes en couple, votre partenaire peut aussi trouver sa place dans ce chemin, si vous en avez envie tous les deux.
Des progrès pas toujours en ligne droite
Il y aura des jours où tout semble plus facile et d’autres où le corps se ferme à nouveau. C’est normal et ce n’est pas un retour en arrière. Le chemin du vaginisme fait des avancées et des pauses. Avec de la patience et un bon accompagnement, beaucoup de femmes voient les choses évoluer, souvent plus qu’elles ne l’imaginaient.
Vos questions sur les dilatateurs vaginaux
Faut-il forcément utiliser des facilitateurs pour sortir du vaginisme ?
Non. Ce sont des outils parmi d’autres. Certaines femmes préfèrent avancer avec leur doigt, d’autres avec leur partenaire. Le chemin se construit avec vous.
Où les acheter ?
On en trouve en pharmacie et en ligne. Votre kiné pourra vous conseiller avant l’achat, pour choisir un modèle adapté et éviter un achat inutile.
Est-ce que ça fait mal ?
Cela ne devrait pas. Si c’est douloureux, c’est le signe qu’il faut revenir à une étape plus douce et en parler à votre kiné. Avant de commencer, il est aussi important d’avoir consulté un ou une gynécologue, un médecin ou une sage-femme pour écarter toute cause médicale.
Je n’ose même pas en regarder un. Est-ce grave ?
Pas du tout. C’est même une information précieuse. Cela veut dire qu’il est encore trop tôt et qu’il y a d’abord autre chose à travailler, à votre rythme. C’est justement ce que nous pouvons faire ensemble en sexothérapie.
